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Les dix timbres et produits philatéliques les plus chers de Suisse

Les timbres peuvent valoir très cher: parfois plus d’un million d’euros pour les pièces rares.

Temps de lecture 6 minutes

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Le premier timbre-poste au monde? Il a été émis par la Grande-Bretagne en 1840. Le premier timbre-poste en Suisse? C’est le Canton de Zurich qui l’a émis, en 1843. Près de 180 ans plus tard, la valeur de collection de certains timbres a considérablement augmenté. Pourquoi? Parce que ces timbres sont rares, collés sur des lettres particulières ou issus de productions défectueuses. Leur valeur actuelle? Elle peut aller jusqu’à un million de francs suisses. Les premiers timbres-poste de la Suisse n’avaient qu’une validité locale ou cantonale, et il a fallu attendre 1850 pour que soient émis les premiers timbres valables dans tout le pays. Mais quels sont les dix timbres et produits philatéliques les plus chers de Suisse? Nous vous en donnons un aperçu ci-après.

Lettre historique avec adresse manuscrite « Wildberg » et plusieurs mentions postales en rouge et noir, dont « Recommandirt » et un cachet ovale « Winterthur ». En bas, trois timbres noirs de taxe cantonale de Zurich alignés avec grands chiffres et motif fin.
La lettre munie à la fois du «4» et du «6» de Zurich. Valeur 800 000 francs.© La Poste Suisse

1. Zurich entre dans la danse et émet ses premiers timbres-poste

Les expériences positives réalisées par la poste britannique avec l’affranchissement du courrier trouvent un écho favorable en Suisse. Le 1er mars 1843, le Canton de Zurich émet ses deux premiers timbres-poste, le «4» et le «6» de Zurich. Le premier servait à l’affranchissement d’un pli distribué à l’intérieur de la commune même, alors que le second était utilisé pour son acheminement partout ailleurs dans le canton. La lettre munie à la fois du «4» et du «6» de Zurich est unique, ce qui lui vaut le titre d’affranchissement le plus singulier réalisé au moyen des premiers timbres émis en Suisse. Elle appartient à un collectionneur privé et sa valeur est estimée à 800 000 francs.

Bloc de dix timbres verts avec l’inscription « Port Cantonal » et « Port local ». Chaque timbre représente les armoiries de Genève avec clé et aigle, ainsi que la valeur « 5 C ». En haut, « 10. Port Cantonal. Cent. ».
Bloc de six Double de Genève. Valeur: un million de francs.© La Poste Suisse

2. En l’espace de deux semaines, le «Double de Genève» était sur le marché

Le 21 janvier 1843, le Conseil d’État zurichois décidait d’introduire des timbres-poste. La même année, le Canton de Genève autorisait lui aussi l’émission de timbres et, environ deux semaines plus tard, le premier était déjà en circulation: le «Double de Genève». Cette dénomination tient à la présentation des timbres, qui étaient reliés deux par deux avec une bande commune.

Le «Double de Genève» entre dans la famille des timbres cantonaux et remonte à une époque où le service postal était encore du ressort des différents cantons.

Le bloc de six fait partie d’une collection privée et il n’est pas à vendre, même pour un million.

Bloc de dix timbres verts avec l’inscription « Port Cantonal » et « Port local ». Chaque timbre représente les armoiries de Genève avec clé et aigle, ainsi que la valeur « 5 C ». En haut, « 10. Port Cantonal. Cent. ».
Feuille originale Grand Aigle. Valeur: plus d’un million de francs. Musée de la communication© La Poste Suisse

3. Une réduction pour la population

Aujourd’hui, on ne trouve plus de feuilles originales de timbres cantonaux, à une exception près, celle du «Grand Aigle» de Genève.
Sa rareté a aussi un prix: elle vaut plus d’un million aujourd’hui.
À noter qu’en raison du désintérêt initial de la population pour le système des timbres, les postes genevoises ont décidé, en 1844, de vendre le timbre à 5 centimes illustré ici au prix de 4 centimes et la paire à 8 centimes. Autant dire une offre irrésistible!

Bloc de 15 Colombe de Bâle. Valeur: plus d’un million de francs. Musée de la communication.
Bloc de 15 Colombe de Bâle. Valeur: plus d’un million de francs. Musée de la communication.© La Poste Suisse

4. La légendaire «Colombe de Bâle»

Le 21 janvier 1843, le jour même où le gouvernement zurichois accorda l’introduction des timbres-poste, le gouvernement bâlois entra lui aussi en action. Résultat: la «Colombe de Bâle».

Le bloc de 15 est la plus grande unité conservée et il vaut lui aussi plus d’un million de francs. Le bloc aurait été trouvé par hasard par un menuisier bâlois dans un vieux secrétaire.

Lettre du 23 octobre. Valeur: plus d’un million de francs. Musée de la communication.
Lettre du 23 octobre. Valeur: plus d’un million de francs. Musée de la communication.© La Poste Suisse

5. Une lettre de 1850 dont la valeur dépasse le million

Cette lettre datant d’octobre 1850 avec six «Colombe de Bâle», tous des timbres isolés, est une véritable perle rare. Elle fait partie de la collection du Musée de la communication de Berne. Valeur: plus d’un million de francs.

Paire de Colombe de Bâle. Valeur: 450 000 francs. Collection Seeland.
Paire de Colombe de Bâle. Valeur: 450 000 francs. Collection Seeland.© La Poste Suisse

6. Et encore la Colombe de Bâle

Revoici la fameuse Colombe de Bâle: il s’agit ici de la seule lettre correctement affranchie avec une paire horizontale de «Colombe de Bâle» à avoir été conservée. Cette lettre vaut 450 000 francs.

Partie de la feuille 5 de Vaud. Valeur: 500 000 francs. Musée de la communication
Partie de la feuille 5 de Vaud. Valeur: 500 000 francs. Musée de la communication© La Poste Suisse

7. 5 de Vaud: 2 francs 40 à l’époque, un demi-million aujourd’hui

Avec ses 48 timbres, la feuille du «5 de Vaud» est la plus grande pièce connue à ce jour. Vendue 2 francs 40 à l’époque, elle coûterait un demi-million de francs aujourd’hui.

Lettre de 1852. Valeur: 400 000 francs. Joseph Hackmey
Lettre de 1852. Valeur: 400 000 francs. Joseph Hackmey© La Poste Suisse

8. 1851: la fin des timbres cantonaux genevois

En août 1851, le Canton de Genève a émis son dernier timbre-poste: le 5 dit de «Neuchâtel». Envoyée de Genève à Bulle, la lettre du 14 octobre 1852 est la seule connue à ce jour à arborer le triple affranchissement avec un «Neuchâtel», et elle affiche une cote d’au moins 400 000 francs.

Lettre de Nidau. Valeur: 400 000 francs.
Lettre de Nidau. Valeur: 400 000 francs.© La Poste Suisse

9. Coup d’arrêt au «cantonalisme» – les premiers timbres à validité nationale

Les timbres Rayon ont été les premiers à posséder une validité dans toute la Suisse. Les timbres Rayon I et Rayon II ont été émis le 1er octobre 1850. En mars 1851, le Rayon 1 bleu foncé a été remplacé par le Rayon 1 bleu clair. Envoyée depuis Nidau, la lettre représentée ici est affranchie avec un timbre Rayon 1 bleu clair à 5 centimes. Sa valeur actuelle s’élève à 400 000 francs.

«Lettre Champion». Valeur: 800 000 francs.
«Lettre Champion». Valeur: 800 000 francs.© La Poste Suisse

10. L’univers des timbres sens dessus dessous – et une Helvetia assise, à la coiffure ébouriffée

La réforme monétaire de 1850 bouleversa l’univers des timbres, tout en contraignant l’administration fédérale des postes a émettre de nouveaux timbres. Résultat: une Helvetia assise, non dentelée, qui a aussi reçu le nom de «Strubel» en raison de sa coiffure négligée. La fameuse «Lettre Champion», avec une erreur d’impression: les deux timbres «Strubel» sont de couleur bleue et non pas marron. Il s’agit de la lettre la plus chère à avoir été vendue aux enchères dans toute l’histoire de la philatélie suisse. En 2011, elle a été achetée pour 1,8 million de francs. Aujourd’hui, sa valeur de marché est estimée à 800 000 francs.

*Cet article a été élaboré en collaboration avec Jean-Paul Bach, président de l’Association suisse des négociants en philatélie (ASNP) et membre de la Commission des timbres de la Poste.